TRUYỆN NGỤ NGÔN CỦA LA FONTAINE - Trang 127

LA VIEILLE & LES DEUX SERVANTES

001 Il était une vieille ayant deux Chambrières.

Elles filaient si bien que les soeurs filandières
Ne faisaient que brouiller au prix de celles-ci.

La Vieille n avait point de plus pressant souci

005 Que de distribuer aux Servantes leur tâche.

Dès que Téthis chassait Phébus aux crins dorés,

Tourets entraient en jeu, fuseaux étaient tirés ;

Deçà, delà, vous en aurez ;

Point de cesse, point de relâche.

010 Dès que l Aurore, dis-je, en son char remontait,

Un misérable Coq à point nommé chantait.

Aussitôt notre Vieille encor plus misérable

S affublait d un jupon crasseux et détestable,

Allumait une lampe, et courait droit au lit

015 Où de tout leur pouvoir, de tout leur appétit,

Dormaient les deux pauvres Servantes.

L une entr ouvrait un oeil, l autre étendait un bras ;

Et toutes deux, très malcontentes,

Disaient entre leurs dents : Maudit Coq, tu mourras.

020 Comme elles l avaient dit, la bête fut grippée.

Le réveille-matin eut la gorge coupée.

Ce meurtre n amenda nullement leur marché.

Notre couple au contraire à peine était couché

Que la Vieille, craignant de laisser passer l heure,

025 Courait comme un Lutin par toute sa demeure.

C est ainsi que le plus souvent,

Quand on pense sortir d une mauvaise affaire,