TRUYỆN NGỤ NGÔN CỦA LA FONTAINE - Trang 31

Plus content qu aucun des sept sages.

005 Son voisin au contraire, étant tout cousu d or,

Chantait peu, dormait moins encor.

C était un homme de finance.

Si sur le point du jour parfois il sommeillait,

Le Savetier alors en chantant l éveillait,

010 Et le Financier se plaignait,

Que les soins de la Providence

N eussent pas au marché fait vendre le dormir,

Comme le manger et le boire.

En son hôtel il fait venir

015 Le chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire,

Que gagnez-vous par an ? - Par an ? Ma foi, Monsieur,

Dit avec un ton de rieur,

Le gaillard Savetier, ce n est point ma manière

De compter de la sorte ; et je n entasse guère

020 Un jour sur l autre : il suffit qu à la fin

J attrape le bout de l année :

Chaque jour amène son pain.

- Eh bien que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?

- Tantôt plus, tantôt moins : le mal est que toujours ;
025 (Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes,)

Le mal est que dans l an s entremêlent des jours

Qu il faut chommer ; on nous ruine en Fêtes.

L une fait tort à l autre ; et Monsieur le Curé

De quelque nouveau Saint charge toujours son prône.

030 Le Financier riant de sa naïveté

Lui dit : Je vous veux mettre aujourd hui sur le trône.

Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin,

Pour vous en servir au besoin.

Le Savetier crut voir tout l argent que la terre

035 Avait depuis plus de cent ans