TRUYỆN NGỤ NGÔN CỦA LA FONTAINE - Trang 116

020 Un mourant qui comptait plus de cent ans de vie,

Se plaignait à la Mort que précipitamment

Elle le contraignait de partir tout à l heure,

Sans qu il eût fait son testament,

Sans l avertir au moins. Est-il juste qu on meure
025 Au pied levé ? dit-il : attendez quelque peu.

Ma femme ne veut pas que je parte sans elle ;

Il me reste à pourvoir un arrière-neveu ;

Souffrez qu à mon logis j ajoute encore une aile.

Que vous êtes pressante, ô Déesse cruelle !

030 - Vieillard, lui dit la mort, je ne t ai point surpris ;

Tu te plains sans raison de mon impatience.

Eh n as-tu pas cent ans ? trouve-moi dans Paris

Deux mortels aussi vieux, trouve-m en dix en France.

Je devais, ce dis-tu, te donner quelque avis

035 Qui te disposât à la chose :

J aurais trouvé ton testament tout fait,

Ton petit-fils pourvu, ton bâtiment parfait ;

Ne te donna-t-on pas des avis quand la cause

Du marcher et du mouvement,

040 Quand les esprits, le sentiment,

Quand tout faillit en toi ? Plus de goût, plus d ouïe :

Toute chose pour toi semble être évanouie :

Pour toi l astre du jour prend des soins superflus :

Tu regrettes des biens qui ne te touchent plus

045 Je t ai fait voir tes camarades,

Ou morts, ou mourants, ou malades.

Qu est-ce que tout cela, qu un avertissement ?

Allons, vieillard, et sans réplique.

Il n importe à la république

050 Que tu fasses ton testament.

La mort avait raison. Je voudrais qu à cet âge